L’Oréal a dépassé les attentes au troisième trimestre, confirmant la résistance du marché de la beauté malgré un environnement de consommation plus hésitant. Les ventes ont atteint 11,56 milliards d’euros entre juillet et septembre, soit une progression de 7,7 % à données comparables ajustées. Le consensus Visible Alpha tablait sur 5,9 %.

La performance géographique a constitué un élément clé de la publication. En Asie du Nord, la croissance comparable a atteint 7,8 %, contre 3,8 % attendu par les analystes de Jefferies. En Europe, elle s’est élevée à 8,9 %, presque deux fois le consensus de 4,9 %.

Ces chiffres distinguent L’Oréal d’une partie du secteur du luxe, confrontée à un ralentissement plus marqué. Les cosmétiques bénéficient d’une demande qui reste soutenue lorsque les produits répondent à des besoins identifiables, comme le soin dermatologique, la protection de la peau ou la réparation des cheveux. Cette dimension fonctionnelle peut rendre certaines dépenses de beauté plus résistantes que des achats discrétionnaires plus coûteux.

La réaction boursière reflète cet écart de performance : le titre progressait de 3,75 % à 428,60 euros en matinée, au plus haut depuis juin 2024, alors que le CAC 40 reculait au même moment. Ce mouvement montre que le marché valorise à la fois le dépassement du consensus et la capacité du groupe à croître dans plusieurs régions.

Pour l’investisseur, la question centrale devient la durabilité de cette avance. L’Oréal devra confirmer que la croissance ne repose pas sur un seul trimestre et qu’elle se traduit par une performance rentable. L’évolution de l’Asie du Nord et de l’Europe, deux zones nettement supérieures aux attentes, sera particulièrement suivie.