Face à une vague de critiques après les propos de Louis Aliot, le député RN Laurent Jacobelli a précisé la ligne du Rassemblement national concernant l’Ukraine. Intervenu sur France Info, il a insisté que la France ne pourrait pas continuer à financer des engagements extérieurs si cela mettait en péril «l’avenir» et les finances publiques, évoquant des efforts demandés aux Français sur les retraites et les soins et qualifiant la France de «situation de quasi-faillite». Jacobelli a répété : «Nous sommes aux côtés de l'Ukraine, mais pas au prix de la vie financière de la France.»

Sur la nature de l’aide, le député de Moselle a distingué l’aide financière, qui devra être soumise à une «démarche pragmatique» pour éviter d’alourdir la dette et l’impôt, et l’aide matérielle. Il a assuré que le «soutien militaire défensif» serait maintenu, ainsi que l’aide «humanitaire» et la formation, mais a posé une limite nette : les livraisons qui mettraient en danger les stocks ou la capacité de réarmement nationale seraient suspendues.

Les précisions de Jacobelli font suite aux propos de Louis Aliot, qui avait suggéré de «couper le robinet» financier à l'Ukraine, et à la tournée internationale de Jordan Bardella au Royaume-Uni. Bardella avait déclaré que la France «continuera évidemment d'honorer ses engagements internationaux» tout en refusant de s'interdire des options pour l'avenir. Lors de ce déplacement, Bardella a signé avec Nigel Farage un protocole sur l’immigration, notamment sur le renvoi de migrants depuis les eaux britanniques vers la France.

Sur ce point, Jacobelli a tenté de nuancer en expliquant que le volet ne visait que les migrants «en perdition» dans la Manche et qu’on ne les laisserait pas se noyer. Il a aussi déclaré que les dépenses liées au renvoi seraient «équitablement réparties» entre la France et le Royaume-Uni et que l’objectif affiché était d’envoyer un «signal mondial» dissuasant les tentatives de migration clandestine.