Le rapport sur l’emploi d’août a contrarié les attentes de nombreux opérateurs: 162 000 emplois créés et 55 000 révisions positives des mois antérieurs, tandis que le chômage reste faible à 4,1 %. Ces chiffres arrivent dans un contexte où le marché anticipait un ralentissement plus marqué de l’économie américaine.
La dynamique observée est inégale selon les secteurs. La création d’emplois se concentre principalement dans la santé, l’éducation, les services de loisirs et l’administration publique, alors que d’autres branches montrent stagnation ou recul. Le maintien d’un PIB en progression malgré des taux d’intérêt élevés suggère des gains de productivité et une rentabilité élevée des entreprises.
Les investissements technologiques et l’essor de l’intelligence artificielle sont évoqués comme facteurs probables de ces gains de productivité, expliquant en partie la capacité du marché du travail à rester robuste sans reflet homogène dans l’ensemble des secteurs.
Pour la Réserve fédérale, ces éléments compliquent la décision de politique monétaire. Le président Kevin Warsh a adopté un ton plus dur face à une inflation qui n’a pas encore retrouvé l’objectif de 2 %. Si l’inflation à venir venait à surprendre à la hausse, la vigueur inattendue de l’emploi pourrait pousser le comité à relever les taux; en cas de détente inflationniste, la Fed pourrait patienter.

