L'expiration du memorandum de cessez-le-feu a renforcé une impasse qualifiée de « ni guerre, ni paix » par les analystes de Wolfe Research, avec des conséquences directes sur les flux pétroliers et la navigation dans le détroit d'Ormuz. Wolfe (Tobin Marcus et Chutong Zhu) juge que les prix du pétrole, élevés mais « pas catastrophiques », devraient rester dans leur fourchette actuelle, sauf survenue d'un événement majeur; des allégations de flux pétroliers clandestins depuis le Golfe pourraient toutefois soutenir ces cours.

Sur le plan géopolitique, l'Iran a signalé son intention d'adopter une posture « pleinement offensive », après un conflit débuté fin février par une attaque conjointe américano-israélienne. Les tentatives de médiation d'Oman et les menaces verbales de Washington — y compris une déclaration présidentielle évoquant une intention de bombarder Oman — ajoutent à la volatilité diplomatique. Par ailleurs, les affirmations d'un canal discret entre Washington et le Corps des gardiens de la révolution islamique ont été niées par Téhéran.

La sécurité maritime se détériore: le trafic dans le détroit d'Ormuz est quasiment à l'arrêt et l'agence UKMTO a rapporté un incident récent où un navire a été touché par un projectile, causant des dégâts à la salle des machines et une victime parmi l'équipage. Ce climat explique la flambée du Brent au-dessus de 90$ le baril et ranime les risques d'inflation énergétique.

Pour l'économie américaine, Wolfe Research estime néanmoins que la résilience reste d'actualité. Les « points morts d'inflation » sont restés relativement stables depuis la fin du MoU, et les rendements à court terme ont même baissé depuis la réunion du FOMC en juillet, ce qui indique que les perturbations énergétiques liées à l'Iran n'ont pas, pour l'instant, fait monter durablement les rendements obligataires ni déclenché un resserrement immédiat de la politique monétaire.