Le porte‑parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei, a relativisé les conséquences du pacte de défense signé vendredi entre le Pakistan, la Turquie et l’Arabie Saoudite, estimant qu’il reflète la volonté des acteurs régionaux de renforcer leurs capacités de défense sans nécessairement cibler Téhéran. Il a déclaré qu’un plan "global et inclusif" qui identifie correctement les menaces pourrait contribuer à la stabilité, en citant explicitement l’« ennemi sioniste et ses alliés ». Ces propos ont été tenus lors d’une conférence de presse et relayés par plusieurs médias.

Sur un autre front, l’Iran a détaillé une série d’exigences qu’il veut voir satisfaites avant d’envisager la réouverture du détroit d’Ormuz : fin de la guerre, levée d’un blocus naval, suppression de toutes les sanctions, dégel des avoirs, versement de réparations de guerre, cessation des insultes et menaces, et fin des actions militaires contre les alliés de Téhéran, selon l’agence officielle IRNA et les déclarations du secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale.

L’insistance sur ces conditions illustre le levier stratégique dont dispose l’Iran dans son conflit prolongé avec les États‑Unis et Israël : le détroit d’Ormuz demeure une voie vitale, par laquelle transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, et sa fermeture menacerait directement l’économie mondiale. Le Conseil suprême, dominé par des dirigeants conservateurs, étudierait parallèlement un projet d’accord avec Oman pour rouvrir progressivement le détroit et créer de nouvelles routes maritimes, d’après le Wall Street Journal.

Sur la diplomatie, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a nié l’existence de négociations directes avec les États‑Unis, tout en confirmant la poursuite des discussions avec Oman. De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé que Washington « négocie qu’à moitié » avec Téhéran et maintient une stratégie de pression économique, estimant l’économie iranienne en « très mauvais état », selon Axios.