Les sanctions annoncées par les États-Unis interdisaient l’entrée sur le sol américain pour la présidente de la CPI Tomoko Akane et pour le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye, ainsi que le blocage de toute transaction immobilière ou financière avec eux aux États‑Unis. Washington justifie son offensive en jugeant la Cour « politisée » et visant des responsables d’États dont la compétence de la CPI n’a pas été reconnue par leur gouvernement, en lien avec des enquêtes, notamment sur Israël après le mandat d’arrêt émis en 2024 contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La réaction internationale a été immédiate: le Haut‑Commissariat de l’ONU a demandé la levée des sanctions, la présidence de la Commission européenne et le Conseil européen ont exprimé un soutien « ferme » à la capacité d’action indépendante de Tomoko Akane, et le Japon — principal contributeur financier de la CPI — a qualifié les mesures de « très regrettables ». L’Allemagne a également insisté sur l’importance de défendre l’indépendance de la Cour.

La CPI elle‑même a dénoncé une « attaque flagrante contre l’indépendance » et affirmé que ces mesures « sapent l’État de droit » et menacent l’ordre juridique international. À leur tour, des soutiens pro‑sanctions aux États‑Unis, dont le chef de la diplomatie Marco Rubio et Benjamin Netanyahu, ont salué l’initiative; l’administration Trump a engagé une vaste offensive diplomatique contre la Cour, pressant certains partenaires d’en retirer leur adhésion.

La crise s’inscrit dans un contexte plus large: la CPI, créée par le Statut de Rome de 1998 et en activité depuis 2002, a émis des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine en 2023 et Benjamin Netanyahu en 2024. Des pays comme le Tchad et le Venezuela ont récemment annoncé leur intention de se retirer, pendant que des ONG américaines contestent judiciairement les sanctions, estimant qu’elles nuisent aux droits des victimes à obtenir justice.