L’or a progressé de près de 25 % sur un an et a franchi ponctuellement 5 000 dollars l’once. Cette hausse masque toutefois une trajectoire très irrégulière : un sommet à 5 600 dollars en janvier, un recul sous 4 000 dollars, un rebond de 17 % depuis la mi-juillet, puis un passage autour de 4 400 dollars au début de septembre.
Pour un investisseur français, la performance affichée en dollars ne suffit pas. L’or étant coté dans cette devise, l’évolution de l’euro contre le dollar modifie le rendement final. Depuis le début de l’année, la hausse exprimée en euros ne dépasserait ainsi pas 4 %, bien loin de la variation annuelle en dollars.
La demande repose notamment sur les achats des banques centrales et sur la recherche d’un actif de réserve en période d’incertitude. La Pologne aurait acquis 82 tonnes depuis janvier, tandis que la Chine poursuit ses achats réguliers. Tether aurait également acheté 14 tonnes au printemps. L’or ne verse cependant ni coupon, ni dividende, ni loyer : sa contribution à un portefeuille vient surtout de sa diversification potentielle.
L’exposition peut être physique, avec des pièces ou des lingots achetés auprès d’un professionnel reconnu, ou financière au moyen d’un produit indiciel adossé au métal. L’or physique implique des questions de conservation, d’assurance et de preuve d’achat. La facture doit être conservée, car elle conditionne le choix du régime fiscal lors de la revente.
Le risque principal est de transformer une protection en pari concentré après une forte hausse. Une pondération limitée à 5 % ou 10 % du patrimoine permet de conserver le rôle de diversification sans faire dépendre l’ensemble du portefeuille des variations du métal et du dollar. Avant tout achat physique, il est essentiel de vérifier le vendeur et les alertes publiées par l’Autorité des marchés financiers.


