Les dernières données du marché du travail britannique montrent un paysage salarial contrasté et une activité de l’emploi qui s’affaiblit. La croissance des salaires hors primes s’est stabilisée à 3,5% sur le deuxième trimestre 2026, mais cette tenue masque une nette divergence entre secteur public et privé. Le secteur public a vu sa croissance salariale accélérer de 5,5% à 6,1%, tandis que la croissance des salaires réguliers dans le secteur privé a ralenti, passant de 2,9% à 2,8%.
Le chômage progresse: le taux sur trois mois jusqu’en juin est monté à 4,9% contre 4,8% le mois précédent, et le taux mensuel a bondi de 4,6% à 5,4%. L’emploi sous le régime PAYE a reculé de 13.000 en juillet, après une baisse de même ampleur en juin qui a été révisée à la baisse depuis une première estimation de -4.000. Sur un an, l’emploi est inférieur de 0,3% à son niveau annuel précédent.
Le marché des offres d’emploi confirme le repli de la demande de main‑d’œuvre: les postes annoncés sont passés de 711.000 sur trois mois à 707.000. Du côté des rémunérations globales, le salaire moyen toutes primes incluses a ralenti à 4,1% en juin, après 4,4% en mai (révisé à 4,3%). Cette décélération reflète la faiblesse relative du privé, compensée partiellement par les hausses dans le public.
Sur le plan des anticipations, Capital Economics estime que la fragilité du marché du travail réduit le risque d’effets de second tour inflationnistes et s’attend à ce que la Banque d’Angleterre n’augmente pas ses taux au‑delà du niveau courant de 3,75%. Ces éléments donnent un contexte plus modéré aux discussions sur la politique monétaire et aux perspectives salariales pour les prochains trimestres.