Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) dresse un tableau économique contrasté : la croissance nationale est estimée à 3 % pour 2026, inférieure aux 3,8 % inscrits dans la Loi de finances rectificative, nécessitant une accélération de l’activité au second semestre pour combler l’écart. L’Indicateur synthétique des activités des entreprises (IAE) affiche un recul de -5,3 % au deuxième trimestre, contre -39,9 % au premier trimestre, signe d’une contraction toujours répandue mais en nette atténuation ; seules les grandes entreprises ont montré un léger rebond.
Au niveau macroéconomique, l’indicateur infra-annuel d’activité économique (IIAE) progresse de 4,8 % par rapport au trimestre précédent, mais l’amélioration en glissement annuel reste ténue (+0,3 %). Les perspectives pour le troisième trimestre laissent entrevoir une reprise de l’activité formelle, soutenue principalement par les secteurs primaire et tertiaire, avec une projection d’IAE à 17,5 %.
Le principal risque identifié est l’accélération de l’inflation : après 6,8 % à fin mars, l’inflation globale a atteint 8,6 % en juin, tandis que l’inflation sous-jacente grimpe à 11,4 %. BFM revoit à la hausse sa prévision de décembre : 10,1 % (contre 9,3 % précédemment), avec des contributions attendues de +7 % pour le riz et +9,7 % pour l’énergie ; l’inflation moyenne annuelle serait de 8,5 % et l’inflation sous-jacente autour de 11 %.
Pour freiner la hausse des prix, le Comité monétaire a relevé le taux directeur de 12 % à 12,5 %, décision visant à préserver la stabilité financière et ramener l’inflation vers l’objectif moyen terme de 5 %. Le pays conserve toutefois des marges de manœuvre extérieures : réserves officielles de change à 3,676 milliards de dollars (soit sept mois d’importations) et appréciation de l’ariary de 7 % face au dollar et 9,3 % face à l’euro au premier semestre.
Le défi pour les mois à venir sera de consolider la reprise sans laisser l’inflation éroder le pouvoir d’achat, alors que les entreprises formelles demeurent vulnérables et que le coût du crédit reste élevé selon les commentaires publics.

