Le ministère des Finances a annoncé que la dette publique américaine a atteint 40.047 milliards de dollars après la dernière émission de bons, une première historique. Cette progression tient à la fois à l’augmentation des emprunts pour financer la santé et la sécurité sociale et à la hausse des intérêts payés par l’État, provoquée par la remontée des coûts d’emprunt.
Le dépassement est plus rapide que prévu : le Bureau du Congrès pour le budget (CBO) tablait jusqu’ici sur une dette autour de 39.400 milliards d’ici la fin de l’année. Les inquiétudes liées à l’inflation, aggravées par le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie, ont poussé les rendements obligataires à des niveaux inédits depuis des années. Le rendement des bons du Trésor à 30 ans a atteint mardi son plus haut niveau depuis 2007.
Face à cette pression, le Trésor a annoncé des rachats plus importants d’obligations à long terme à partir de septembre, une mesure qui a momentanément rassuré les investisseurs et contribué à détendre les taux. Malgré cela, le poids de la dette a plus que doublé depuis la crise financière de 2008 et représente désormais près de 125% du PIB américain.
Les voix critiques et politiques se multiplient : Jessica Riedl (Brookings Institution) qualifie le rythme des déficits d’« insoutenable », et des élus comme le sénateur Mark Kelly et le sénateur Rick Scott appellent le Congrès à maîtriser les dépenses et équilibrer le budget. Le ministre des Finances Scott Bessent affirme pour sa part viser un déficit ramené à 3% du PIB, alors que les déficits récents s’établissent autour de 6–7% du PIB selon les observations citées.
Les analystes rappellent qu’il n’existe pas de seuil d’endettement automatique déclenchant une crise, et que la dette détenue par le public reste un indicateur prioritaire. Mais sur le plan psychologique et financier, le franchissement de ce repère historique alerte les marchés et relance le débat sur la trajectoire des dépenses publiques.


