Un mécanisme appelé Hwanchigi est désormais identifié comme la principale méthode de blanchiment transfrontalier en Corée du Sud : il aurait servi à déplacer 6,4 milliards de dollars sur les 7,1 milliards de dollars de flux crypto illégaux recensés entre 2021 et août 2025, d’après Crystal Intelligence. Cette technique évite le système bancaire régulé en convertissant des recettes illicites en cryptos puis en transférant les fonds vers des exchanges étrangers, compliquant ainsi les poursuites judiciaires.
Les statistiques policières illustrent un emballement des cas détectés : la National Police Agency recense 1 214 affaires de blanchiment impliquant des actifs virtuels au premier semestre 2026, contre seulement huit pour l’ensemble de 2025, une multiplication par 152. Le blanchiment représentait 79,4 % des infractions crypto détectées au S1 2026, dépassant l’escroquerie à l’investissement qui dominait en 2025.
Tether (USDT) est massivement utilisé comme instrument de conversion : trafics de drogue, jeux illégaux et phishing sont systématiquement transformés en stablecoins avant d’être envoyés à l’étranger. Malgré la capacité des enquêteurs à tracer ces flux, le passage de la cartographie à des inculpations et condamnations reste limité : seules 18 arrestations pour blanchiment crypto ont été effectuées au S1 2026, contre 42 en 2023.
Des affaires récentes montrent l’ampleur du phénomène et ses limites d’action : en juin 2026, 23 personnes ont été inculpées pour un réseau lié à un groupe de phishing basé au Cambodge, mais le chef présumé est toujours recherché sous une notice rouge d’Interpol. En juillet 2026, les enquêteurs ont gelé 12 millions de dollars en XRP et USDT après une arnaque liée à un faux site de staking Flare Network qui avait siphonné 8,6 millions de dollars à 71 victimes; les arrestations ont suivi avec retard.
Le Korea Customs Service a saisi 7,2 billions de wons (4,92 milliards de dollars) de transactions de change illégales au premier semestre 2026, et plus de 90 % des 9,5 billions de wons d’infractions crypto transmises à la justice ont transité par des canaux non agréés, sans passer par les banques régulées. Les autorités parviennent à reconstituer les flux mais peinent à transformer ces preuves en condamnations effectives.

