3M a accepté de verser 7,35 milliards de dollars pour régler une vaste partie des demandes d’indemnisation liées aux PFAS présents dans certaines mousses anti-incendie. L’accord pourrait couvrir jusqu’à 120 000 personnes affirmant avoir subi un préjudice corporel. Les paiements seraient étalés sur neuf ans, avec l’essentiel des décaissements prévu entre 2028 et 2033.

Le groupe enregistrera au quatrième trimestre une charge avant impôts de 5,8 milliards de dollars, correspondant à la valeur actuelle des paiements futurs. Cette différence avec le montant nominal rappelle que la charge comptable et les sorties de trésorerie ne se produisent pas au même moment. Pour l’investisseur, l’étalement limite le choc immédiat sur la liquidité, mais crée un engagement durable qui pèsera sur les flux de trésorerie pendant plusieurs exercices.

Le marché a néanmoins fortement salué l’annonce. L’action 3M a gagné jusqu’à 10 % et progressait encore de 9,8 %, à 194,37 dollars, en fin d’après-midi. Le titre retrouvait ainsi son plus haut niveau depuis mars 2018. Selon une estimation d’UBS citée par la source, les investisseurs envisageaient un règlement proche de 10 milliards de dollars. Une facture plus faible que redouté réduit donc une partie de la décote juridique intégrée au cours.

L’accord viserait environ 99 % des demandes pour préjudice corporel liées à ces mousses, qu’elles relèvent ou non de la procédure fédérale multidistrict. Un juge a suspendu les procédures concernées afin de faciliter la mise en œuvre du règlement. 3M n’a pas reconnu sa responsabilité et peut se retirer si trop peu de plaignants acceptent les conditions, même si ses responsables jugent ce scénario improbable.

Les PFAS, souvent appelés substances chimiques éternelles, se dégradent difficilement dans l’environnement et l’organisme. 3M a cessé leur fabrication en 2025. Le présent accord ne constitue toutefois pas le premier coût majeur: le groupe avait conclu en 2023 un règlement de 10,3 milliards de dollars avec des collectivités au sujet de l’eau potable, puis un autre de 400 à 450 millions avec le New Jersey en 2025.

Pour l’actionnaire, l’annonce transforme une incertitude difficile à valoriser en calendrier financier plus lisible. C’est positif pour l’évaluation du risque, mais cela n’efface ni les paiements futurs ni la possibilité d’autres procédures. La hausse du titre repose donc sur une réduction de l’incertitude, pas sur une amélioration opérationnelle de l’activité industrielle.

Les prochaines étapes décisives seront le taux d’adhésion des plaignants, la validation effective du règlement et la capacité de 3M à absorber les paiements sans dégrader ses investissements ou ses distributions. Il faudra également distinguer ce dossier des autres contentieux environnementaux encore susceptibles d’émerger.