MP Materials a surpris positivement au troisième trimestre, grâce à la progression de ses ventes et au soutien public américain destiné à sécuriser la chaîne d’approvisionnement en terres rares. Le groupe a dégagé un bénéfice ajusté de 4 cents par action, alors que le consensus IBES de LSEG attendait une perte de 2 cents. En données comptables, la société reste déficitaire, mais sa perte a été ramenée à 20,7 millions de dollars, contre 41,8 millions un an auparavant.
Le chiffre d’affaires a presque triplé pour atteindre 147,6 millions de dollars. Cette accélération ne repose pas uniquement sur les volumes miniers. MP Materials a commencé à livrer du SEG+, un produit intermédiaire contenant plusieurs terres rares, à un client américain du secteur aérospatial non identifié. Ce contrat a généré 31,6 millions de dollars de revenus sur le trimestre et montre que l’entreprise progresse vers des produits à plus forte valeur ajoutée.
Le soutien de Washington demeure toutefois central. MP Materials a comptabilisé 8,1 millions de dollars de revenus liés au mécanisme de protection des prix mis en place par le gouvernement américain. Depuis le début de ces versements, le groupe a reçu près de 120 millions de dollars. Cette intervention vise à réduire la dépendance des États-Unis envers la Chine, dominante dans un secteur indispensable aux équipements militaires, aux véhicules électriques et à de nombreux appareils électroniques.
La société contrôle la seule mine de terres rares d’Amérique du Nord, traite ses minerais en Californie et a construit une usine d’aimants au Texas. Ce positionnement lui confère une valeur stratégique, mais ne supprime pas les risques industriels. La montée en cadence de la transformation et de la fabrication d’aimants exige des investissements importants, tandis que les résultats restent sensibles aux prix, à la qualité d’exécution et aux décisions publiques.
L’action a progressé de 3 % après la clôture, après une baisse de plus de 6 % pendant la séance dans un marché largement vendeur. Cette réaction illustre la double lecture du dossier: amélioration opérationnelle réelle d’un côté, volatilité élevée et dépendance aux politiques industrielles de l’autre.
Pour l’investisseur français, MP Materials représente moins une valeur minière classique qu’un pari sur la relocalisation des chaînes stratégiques occidentales. Le trimestre renforce cette thèse, sans encore prouver une rentabilité durable hors soutien public. Les prochains résultats devront confirmer la croissance des ventes, la contribution du client aérospatial et la capacité de l’usine texane à monter en puissance. Une exposition éventuelle doit donc rester mesurée et être analysée comme un investissement cyclique, industriel et géopolitique.


