Barry Callebaut présente un tableau contrasté pour son nouvel exercice. Le transformateur suisse de cacao a retrouvé une croissance de ses volumes pour le deuxième trimestre consécutif, mais ses perspectives de bénéfice restent freinées par un coût de matière première plus élevé que prévu.
Le groupe anticipe une progression de 3 % à 5 % de son résultat opérationnel récurrent à taux de change constants pour l’exercice 2026-2027. Cette fourchette se situe sous la croissance de 5,5 % attendue par le consensus communiqué par l’entreprise. L’écart n’est pas spectaculaire, mais il montre que le rebond des ventes ne se transforme pas encore pleinement en amélioration des profits.
La principale contrainte vient du cacao. Barry Callebaut retient désormais une hypothèse de 4 000 livres sterling par tonne, contre environ 3 000 livres dans ses prévisions de juillet. Les cours ont reculé depuis leur sommet, mais restent élevés, notamment en raison des risques climatiques pesant sur les récoltes d’Afrique de l’Ouest. Pour un transformateur, la capacité à répercuter ces coûts aux clients sans réduire la demande devient déterminante.
Les indicateurs commerciaux sont néanmoins plus encourageants. Les volumes ont progressé de 5,7 % au quatrième trimestre fiscal, soutenus par la plupart des régions. Sur l’ensemble de l’exercice clos en août, ils reculent encore de 0,7 %, une contraction légèrement moins forte que les 0,9 % anticipés par les analystes. Les données agrégées de broyage du cacao ont aussi augmenté de 14,3 % au troisième trimestre civil, signe d’une reprise de la demande après la forte faiblesse de 2025.
Une autre incertitude concerne Hershey. Barry Callebaut a indiqué que leur partenariat expirera à la fin de 2027. Le groupe estime que cette évolution réduira ses volumes d’environ 1 % au cours de l’exercice 2026-2027. Cette perte reste absorbable, mais elle complique la lecture du redressement au moment où le marché attend une conversion plus nette de la croissance des volumes en bénéfices.
L’action progressait d’environ 0,6 % en séance, tout en restant en baisse de près de 8 % depuis le début de l’année. Cette réaction modérée reflète un équilibre entre l’amélioration opérationnelle et la prudence sur les marges.
Pour l’investisseur, le dossier dépend moins d’un trimestre isolé que de trois variables: le prix des fèves, la capacité à ajuster les tarifs et la discipline sur les coûts. Une croissance durable des volumes serait positive, mais elle devra produire une hausse du résultat supérieure à l’inflation des intrants pour confirmer un véritable redressement.

