Goldman Sachs, via Daan Struyven, co-responsable de la recherche mondiale sur les matières premières, juge que le risque d’élargissement et d’intensification des perturbations du transport maritime au Moyen-Orient pourrait pousser le pétrole jusqu’à 120$ le baril dans son scénario le plus extrême. Bloomberg rapporte que la banque fixe aussi un scénario de base plus bas, à 80$ le baril, si les exportations régionales retrouvent un fonctionnement normal.
Le contexte est marqué par une confrontation persistante entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz : des frappes américaines contre des pétroliers iraniens ont été signalées récemment et l’Iran a annoncé une nouvelle zone marine restreinte proche de cette voie maritime. Les forces navales américaines tiendraient un blocus des ports iraniens tout en escortant les navires d’autres producteurs hors de la région.
Sur les marchés, le Brent était coté à 97,55$ le baril (+1,32%) et le West Texas Intermediate à 92,64$ (+1,28%) au dernier pointage. Goldman souligne que le conflit, actif depuis plus de six mois, a fait monter un large éventail de prix de l’énergie : le gaz naturel et les produits raffinés ont enregistré des hausses supérieures au brut, le diesel ayant plus que doublé depuis le début de l’année.
Plutôt que d’acheter du brut pur, Goldman recommande des positions longues sur le gaz naturel mondial et sur les produits pétroliers raffinés, arguant que les chocs d’approvisionnement y sont plus sévères. La banque note également le rôle stabilisateur potentiel de la Chine sur le marché du brut — via une limitation de ses importations si les cours montent — mais souligne que Pékin n’exerce pas le même effet modérateur sur le gaz naturel ou les produits raffinés.

