Le marché pétrolier reste sous tension après une série d'incidents militaires dans et autour du détroit d'Ormuz. Le baril de Brent, qui a dépassé mercredi la barre symbolique des 100 dollars pour la première fois depuis juillet, a repris près de 0,5% jeudi matin en Asie, franchissant les 101,60 dollars. Cette hausse survient au lendemain d'attaques attribuées à l'Iran contre des bâtiments en mer.

Téhéran affirme avoir frappé deux bateaux américains, huit pétroliers et dix autres navires qui tentaient de traverser le détroit d'Ormuz, qu'il revendique contrôler. Ces actions sont présentées par l'Iran comme une réponse à des frappes américaines visant cinq pétroliers iraniens la veille, au titre de la "légitime défense". L'agence maritime UKMTO a signalé plusieurs navires en feu, et l'agence iranienne Irna a rapporté de nouveaux bruits d'explosions "venus de la mer".

Outre les affrontements directs, l'Iran a annoncé qu'il étendrait prochainement la zone soumise à une autorisation de navigation au‑delà du détroit, mesure rejetée par Washington et plusieurs pays régionaux. Les Gardiens de la révolution revendiquent également un contrôle élargi sur une partie du golfe d'Oman et une zone en mer d'Arabie. En riposte, l'armée américaine impose un blocus sur les ports iraniens, accentuant les perturbations d'un passage qui, avant la guerre, véhiculait près d'un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux.

La dimension politique est également centrale : le président Donald Trump a cherché à mobiliser ses soutiens lors d'une convention républicaine à Dallas, liant l'évolution du conflit aux échéances électorales américaines. Sur le plan diplomatique, les pourparlers sont au point mort depuis l'effondrement en juillet d'un protocole d'accord signé en juin, tandis que le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a voté le renvoi du dossier iranien au Conseil de sécurité de l'ONU pour "non‑respect" des obligations nucléaires. Le contexte militaire, commercial et diplomatique alimente une prime au risque sur le marché pétrolier.