Le prix de l’or consolide ses gains au-dessus de 4 600 $ l’once, ayant progressé jusqu’à 0,7 % pour récupérer une partie du repli enregistré mercredi. Ce recul a interrompu une série de cinq séances consécutives de hausse, mais n’a pas entamé une tendance mensuelle forte : l’or affiche environ +14 % sur le mois. Les marchés scrutent désormais le symposium de Jackson Hole pour des indices sur la politique monétaire américaine.
La dynamique actuelle est alimentée par plusieurs facteurs concrets. Un rapport faisant état d’une inflation supérieure à l’objectif de la Fed a ravivé les anticipations d’une hausse des taux, ce qui soutient le dollar et les rendements obligataires — éléments qui exercent généralement une pression sur l’or. En parallèle, le Trésor américain est intervenu de façon inattendue la semaine dernière sur le marché obligataire, relançant l’intérêt pour ce que la source qualifie de « stratégie de dépréciation » : acheter des actifs tangibles comme couverture contre l’expansion des déficits et la faiblesse du dollar.
Les flux vers les produits adossés à l’or confirment la demande : les ETF suivis par Bloomberg ont ajouté plus de 28 tonnes la semaine dernière, un record depuis janvier. Cet afflux, après un été marqué par la reprise des entrées suite à deux mois de sorties, a permis au métal de repasser au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours, signal technique surveillé par les traders.
L’attention se porte maintenant sur Kevin Warsh, qui prononcera vendredi son premier grand discours en tant que président de la Fed lors de la réunion annuelle de la Fed de Kansas City. Un ton résolument restrictif ferait monter les rendements réels et le dollar, pesant sur l’or, tandis qu’un message plus accommodant pourrait prolonger le rallye et pousser le métal vers de nouveaux sommets pluri-mensuels.


