L'affaire a démarré avec Louis Aliot, vice-président du Rassemblement national et maire de Perpignan, qui, interrogé sur BFMTV, a repris l'expression « on coupe le robinet » pour évoquer la possibilité d'interrompre les aides à l'Ukraine. Il a justifié sa position en soulignant l'état « à l'os » des services publics français (santé, éducation, économie) et en interrogeant la priorité donnée au financement d'armes. Cette prise de position a immédiatement cristallisé les critiques des concurrents politiques.

Edouard Philippe (Horizons) a été l'un des premiers à réagir, accusant le RN de « servir la Russie » et rappelant les liens passés entre le parti d'extrême droite et Moscou. Gabriel Attal (Renaissance) a qualifié le RN de « parti de l'étranger » et a mis en garde contre les conséquences d'une telle rupture d'aide, estimant que cela reviendrait à laisser Vladimir Poutine « gagner » et à dévaluer la parole de la France sur la scène internationale.

Marine Le Pen a répondu sèchement, dénonçant « un bilan piteux » de l'exécutif en matière internationale et rejetant les « calomnies » qui, selon elle, dévalorisent le débat public. Elle a rappelé que Poutine avait été reçu sous le précédent quinquennat et a souligné qu'elle propose depuis l'agression russe une « grande conférence pour la paix » visant un règlement diplomatique. Ses liens passés avec la Russie — réception au Kremlin en 2017 et un prêt d'une banque russe dans les années 2010 — continuent d'alimenter les critiques.

Jordan Bardella, patron du RN, a tenté de nuancer la posture depuis le Royaume-Uni, affirmant que la France « continuera évidemment d'honorer ses engagements internationaux » tout en se réservant la possibilité de revoir l'aide à l'avenir. La gauche se divise cependant : Olivier Faure (PS) et Raphaël Glucksmann (Place publique) dénoncent la propension du RN à favoriser Poutine, tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI) maintient l'idée de tenir les engagements français tout en jugeant « très imprudent » que l'Ukraine frappe en profondeur le territoire russe.

Le débat révèle une fracture importante au sein du paysage politique français sur la stratégie à adopter face à la guerre en Ukraine, opposant considérations budgétaires, impératifs diplomatiques et héritages géopolitiques.