L'irruption du sujet est venue d'une déclaration du vice-président du Rassemblement national, Louis Aliot, interrogé sur BFMTV sur la possibilité d'interrompre les aides à l'Ukraine. Il a repris l'expression « on coupe le robinet » et a justifié sa proposition par la pression ressentie sur les services publics français, estimant que la nation manque de ressources pour financer en parallèle la poursuite des livraisons d'armement et des soutiens extérieurs.
La réplique politique a été immédiate et transversale: Édouard Philippe a qualifié cette position de servir la Russie et a rappelé les liens passés entre certains responsables du RN et Moscou; Gabriel Attal a fustigé la démarche comme une capitulation qui renforcerait Vladimir Poutine et décrédibiliserait la parole de la France sur la scène internationale. Du côté de la gauche, Olivier Faure et Raphaël Glucksmann ont dénoncé un parti qui, selon eux, continuerait à privilégier des intérêts pro-russes.
Marine Le Pen a riposté en critiquant le bilan international de ses opposants et en rejetant les « calomnies », en rappelant des rencontres passées entre responsables français et dirigeants russes sous d'autres gouvernements. Elle a aussi réaffirmé sa ligne pour une solution diplomatique via une « grande conférence pour la paix », position qu'elle présente comme constante depuis le début du conflit.
Jordan Bardella, chef de file du RN, a cherché à relativiser la formulation sur le volet britannique, en indiquant que la France honorerait ses engagements actuels tout en ne s'interdisant rien à l'avenir, invoquant l'état des finances publiques. La controverse illustre un clivage interne et externe sur la stratégie française vis-à-vis du conflit et sur l'impact politique domestique d'une politique d'arrêt des aides.


