La tension reste vive sur le marché obligataire américain. Les investisseurs intègrent simultanément une inflation persistante, la hausse du pétrole, les besoins de financement liés aux infrastructures d’intelligence artificielle et l’ampleur du déficit budgétaire. Cette combinaison a porté les rendements des emprunts fédéraux vers des sommets pluriannuels, le taux à dix ans terminant la semaine à 4,975 %, après une progression hebdomadaire de 19,1 points de base.
Le Trésor américain a déjà élargi son programme de rachats d’obligations à long terme. Après avoir annoncé en août un relèvement du montant minimal de 2 à 4 milliards de dollars, il a organisé une opération de 6 milliards sur les maturités comprises entre dix et vingt ans. Les offres reçues ont atteint 10,489 milliards de dollars et 5,187 milliards ont finalement été acceptés. Le résultat est resté inférieur aux attentes d’une partie du marché, qui espérait au moins 10 milliards.
Yardeni Research estime que Scott Bessent dispose encore de marges de manœuvre. Une intervention plus importante pourrait prendre la forme de rachats accrus de dette longue, financés par davantage d’émissions de bons du Trésor à court terme. Le cabinet évoque aussi le soutien au yen aux côtés du Japon et l’éventuelle mobilisation du compte général du Trésor pour financer de nouveaux achats.
La prochaine décision de la Réserve fédérale sera déterminante. Les dernières statistiques de prix ont renforcé l’hypothèse d’une hausse de taux de 25 points de base. Une telle décision pourrait restaurer une partie de la crédibilité anti-inflation de la banque centrale et contenir les rendements longs, mais elle augmenterait aussi immédiatement le coût du financement à court terme. Le seuil des 5 % sur le dix ans devient donc un repère majeur pour l’ensemble des actifs risqués.

