Legrand a nettement renforcé ses ambitions pour la période 2027 à 2030. Le spécialiste français des infrastructures électriques vise désormais une croissance organique annuelle comprise entre 6 % et 8 %, contre une fourchette précédente de 3 % à 5 %. Le groupe anticipe également une contribution moyenne des acquisitions d’environ 5 % par an.

Cette révision s’appuie surtout sur la demande liée aux centres de données, devenue un moteur central de l’activité avec l’accélération des investissements dans l’intelligence artificielle. Legrand prévoit que ce segment dépassera 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2026. L’entreprise souhaite consacrer près de 60 % de son flux de trésorerie disponible aux acquisitions, tout en maintenant des dividendes et des rachats d’actions sélectifs.

Le groupe vise en parallèle une marge opérationnelle ajustée comprise entre 21 % et 22 %, supérieure à son précédent objectif proche de 20 %. Il envisage aussi de céder des activités représentant entre 500 millions et 1 milliard d’euros de revenus, signe d’une gestion plus active de son portefeuille. Cette combinaison de croissance organique, d’acquisitions et d’arbitrages a soutenu le titre, qui figurait parmi les meilleures performances européennes de la séance.

La nouvelle trajectoire reste toutefois dépendante du maintien des investissements massifs dans les centres de données. Les investisseurs devront aussi surveiller le prix payé pour les acquisitions, la vitesse d’intégration des sociétés rachetées et la capacité de Legrand à préserver ses marges malgré un environnement de taux élevés.