L’action Moderna a gagné environ 12 % vendredi, à 220 dollars, après avoir touché son plus haut niveau depuis janvier 2022. Le mouvement combine un facteur technique — l’entrée du laboratoire dans le Nasdaq 100 en remplacement de Warner Bros Discovery — et une révision de valorisation par Bank of America, qui a porté son objectif de cours de 170 à 200 dollars tout en maintenant une recommandation neutre.
L’intégration dans un grand indice entraîne généralement des achats de la part des fonds qui le répliquent. Cet effet peut soutenir le titre à court terme, mais il ne change pas à lui seul les perspectives opérationnelles. BofA justifie surtout son nouvel objectif par un scénario plus favorable pour les ventes de vaccins contre la grippe en 2027 et par la montée en puissance anticipée d’intismeran, le vaccin anticancer développé avec Merck. Cette amélioration compense une légère baisse de ses prévisions concernant les revenus américains liés au Covid-19.
La banque invite néanmoins à la prudence : une part importante de la valeur attribuée à intismeran serait déjà reflétée dans le cours avant le congrès de l’ESMO et la présentation attendue le 24 octobre. Elle estime donc que les résultats cliniques compteront davantage que la publication du troisième trimestre. Pour ce trimestre, BofA prévoit 812 millions de dollars de ventes de vaccins prophylactiques et 848 millions de dollars de chiffre d’affaires total, sous le consensus. Elle continue cependant d’anticiper le respect des objectifs annuels, dont une croissance du chiffre d’affaires pouvant atteindre 10 % en 2026 et une trésorerie de fin d’année comprise entre 4,7 et 5,2 milliards de dollars.
Le titre affiche désormais une progression d’environ 650 % depuis le début de l’année, contre 10,3 % pour le secteur santé du S&P 500. Après une telle revalorisation, le principal enjeu devient la capacité des données cliniques et des lancements commerciaux à justifier les attentes accumulées.

