Les marchés actions européens ont prolongé leur repli mardi: le Stoxx Europe 600 a cédé 0,2%, signant sa sixième séance consécutive de baisse et retrouvant son plus bas niveau depuis le 5 août. Si ce mouvement perdure jusqu’à la clôture, il s’agira de la plus longue série quotidienne de pertes pour l’indice depuis novembre 2025. Le DAX allemand reculait de 0,4% tandis que le CAC 40 et le FTSE 100 restaient proches de l’équilibre.

La détérioration provient d’un tournant géopolitique majeur rapporté par Reuters: l’Iran a annoncé un passage à une posture militaire entièrement offensive après l’échec définitif des négociations diplomatiques et la non-prolongation par Washington du cessez-le-feu temporaire. Cette rupture alimente des craintes de frappes sur des infrastructures énergétiques régionales et sur des couloirs maritimes, intensifiant les primes de risque sur les matières premières et les devises.

Sur les marchés de l’énergie, les contrats à terme sur le Brent ont grimpé de 0,8% à 91,49 $ le baril, un plus haut depuis le 30 juillet. Cette flambée pèse sur les perspectives d’inflation en Europe: un choc énergétique prolongé pourrait ranimer l’inflation par les coûts et limiter la marge de manœuvre des banques centrales pour assouplir la politique monétaire cet automne, alors que la croissance régionale reste fragile.

Enfin, le contexte microéconomique qui soutenait le marché s’est estompé: après une saison de publications solide en juin-juillet (bénéfices bancaires en hausse, marges résilientes dans le luxe, résultats énergétiques favorables), le cycle des résultats du 2e trimestre est désormais largement derrière nous. Sans nouveaux catalyseurs positifs et avec une prime de risque actions proche de ses plus bas en 25 ans, les marchés apparaissent vulnérables et exposés aux grands titres géopolitiques, contraignant les desks à réagir principalement aux nouvelles externes.