L'action Genmab a bondi jusqu'à 13 % après la présentation de nouvelles données cliniques sur le petosemtamab dans le cancer colorectal avancé. Le traitement expérimental, associé à une chimiothérapie standard, a entraîné une réduction des tumeurs chez 75 % des patients évaluables traités en première ligne. En deuxième ligne, après un premier protocole de chimiothérapie, le taux de réponse a atteint 67 %.

Les résultats portent sur 79 patients traités au 15 mai 2026, dont 45 en première ligne et 34 en deuxième ligne. Le suivi médian était respectivement de 5,9 et 7,1 mois. Genmab précise que la plupart des réponses initialement non confirmées l'ont été avec davantage de recul. Le taux de contrôle de la maladie s'est établi à 95 % en première ligne et à 93 % en deuxième ligne.

Certains sous-groupes ont également montré une activité élevée. Chez les patients traités en première ligne et présentant une tumeur du côté gauche, le taux de réponse a atteint 81 %. Pour les malades dont le cancer s'était propagé au foie, une situation associée à un pronostic moins favorable, les taux étaient de 76 % en première ligne et de 67 % en deuxième ligne.

La tolérance constitue un autre point important. Parmi les patients recevant le petosemtamab avec le protocole FOLFOX, 5 % ont arrêté le traitement en raison d'effets secondaires attribués au médicament. Ce taux était de 3 % avec le protocole FOLFIRI. Aucun décès lié à un effet indésirable n'a été signalé. Des réactions à la perfusion ont toutefois concerné 48 % des patients sous FOLFOX et 43 % sous FOLFIRI, avec quelques cas de grade 3.

Pour l'investisseur, la réaction boursière traduit l'espoir que le petosemtamab devienne un actif important du portefeuille de Genmab. La société mène déjà des essais de phase 3 en première et en deuxième ligne chez des patients dont les tumeurs sont de type sauvage RAS/BRAF. Elle prépare aussi avec Incyte une étude de phase 1/2 combinant le médicament à un inhibiteur expérimental de KRAS G12D et à une chimiothérapie. Les mutations KRAS apparaissent dans environ 40 % des cancers colorectaux.

La prudence reste néanmoins indispensable. L'étude actuelle est ouverte, sans bras comparateur, et l'échantillon demeure limité. Les taux de réponse ne permettent pas encore de conclure sur la survie sans progression ou la survie globale. Les essais randomisés de phase 3 devront confirmer l'ampleur et la durée du bénéfice, ainsi que le profil de sécurité. Le potentiel commercial paraît renforcé, mais le risque clinique et réglementaire reste élevé.