Bristol Myers Squibb et SystImmune franchissent une étape clinique importante dans le cancer du poumon. Les deux groupes ont présenté des résultats intermédiaires positifs d'une étude de phase 3 consacrée à l'izalontamab brengitecan, également appelé iza-bren. Cet anticorps conjugué expérimental cible simultanément EGFR et HER3, deux protéines impliquées dans la croissance de certaines tumeurs.

L'essai porte sur des patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules non épidermoïde avec mutation EGFR. Tous avaient déjà reçu un inhibiteur de tyrosine kinase, une classe de traitements ciblés fréquemment utilisée dans cette indication. Après l'apparition d'une résistance ou la progression de la maladie, les options thérapeutiques deviennent plus limitées, ce qui renforce l'intérêt médical d'une nouvelle approche.

Le critère principal de l'étude a été atteint. Selon l'évaluation d'un comité central indépendant travaillant en aveugle, la survie sans progression médiane a atteint 11,1 mois chez les 216 patients traités par iza-bren, contre 5,7 mois chez les 206 patients ayant reçu une chimiothérapie à base de platine. Après un suivi médian de 14,6 mois, le risque de progression de la maladie ou de décès a été réduit de 60 %.

Pour Bristol Myers Squibb, ces données renforcent la crédibilité d'un actif susceptible d'élargir son portefeuille en oncologie. Pour SystImmune et sa maison mère Sichuan Biokin Pharmaceutical, elles valident en partie la technologie d'un anticorps conjugué bispécifique, à un stade avancé de développement clinique. L'enjeu financier dépendra toutefois de plusieurs facteurs encore inconnus, notamment les modalités réglementaires, le calendrier d'un éventuel dépôt de dossier, le profil de tolérance complet et les conditions commerciales du partenariat.

L'investisseur doit surtout distinguer un résultat clinique favorable d'une autorisation de mise sur le marché. Les chiffres communiqués sont intermédiaires et portent principalement sur la survie sans progression. Les données de survie globale, la sécurité détaillée et la reproductibilité du bénéfice dans différents sous-groupes resteront déterminantes. Une efficacité supérieure à la chimiothérapie constitue un signal solide, mais elle ne suffit pas à garantir le succès réglementaire ni le niveau futur des ventes.

La prochaine étape sera donc la présentation complète des résultats et leur examen par les autorités sanitaires. Toute précision sur les effets indésirables, la durée de réponse et la stratégie de dépôt pourrait modifier la perception boursière du dossier.