Steve Witkoff et Jared Kushner, envoyés proches de Donald Trump, sont arrivés dimanche à Kiev après une étape à Moscou où ils ont rencontré Vladimir Poutine pendant trois heures. Leur mission, présentée par le président américain comme porteuse d'une « idée pour la paix », est la première visite en Ukraine des deux hommes depuis qu’ils ont commencé à jouer un rôle de médiation. La Maison Blanche a indiqué que des « plans substantiels » pour les prochaines étapes seront annoncés dans les semaines à venir, sans en préciser le contenu.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine adopte une posture constructive et qu’il faut hâter la fin de la guerre en assurant des garanties de sécurité. Mais la question territoriale reste le principal point de blocage: Moscou exige un retrait complet des forces ukrainiennes de la région de Donetsk, exigence que Kiev juge inacceptable. La partie russe, par la voix du conseiller Iouri Ouchakov, a qualifié les échanges à Moscou de « constructifs, extrêmement francs et empreints de confiance » et dit se montrer confiante quant à la réalisation de ses objectifs, sans divulguer les propositions présentées.
Malgré la trêve temporaire annoncée — Poutine décrétant l’arrêt des frappes sur Kiev pour trois jours et Zelensky arrêtant les attaques visant Moscou pour la même période — les hostilités ont perduré ailleurs. L’armée de l’air ukrainienne a signalé une attaque nocturne de Moscou avec 108 drones et des missiles S8000 Banderol, affirmant en avoir abattu la plupart mais reconnaissant que 11 lieux ont été touchés. La Russie a de son côté déclaré avoir neutralisé 258 drones ukrainiens lancés contre son territoire durant la même période; un incendie a touché une entreprise à Riazan selon les autorités régionales.
Sur le terrain, les frictions humaines restent vives: au moins trois civils blessés en Ukraine pendant la nuit et matinée de dimanche, et une victime tuée dans la région russe de Belgorod après une attaque de drone ukrainien. Dans les rues de Kiev, habitants et déplacés rencontrés par l’AFP expriment scepticisme et prudence, en soulignant la longue série de tentatives de négociation sans avancée tangible.


