Les marchés asiatiques ont subi une nette vague de ventes, principalement concentrée sur les valeurs liées à l’intelligence artificielle et aux semi-conducteurs. Le mouvement prolongeait le recul de Wall Street, où les investisseurs ont sanctionné plusieurs résultats technologiques et les dépenses toujours plus importantes nécessaires aux infrastructures d’IA.
La Corée du Sud a été la plus touchée. Le KOSPI a chuté de plus de 5 %, avec Samsung Electronics et SK Hynix parmi les principaux contributeurs à la baisse. Le marché réévalue les perspectives des fabricants de mémoires après leur forte progression, même si la demande des centres de données reste élevée. Le sujet n’est plus seulement la croissance des commandes, mais la capacité des investissements massifs à générer des flux de trésorerie durables.
Au Japon, le Nikkei 225 a perdu 2,8 % et le TOPIX 1,3 %. Les spécialistes des équipements pour semi-conducteurs ont fortement reculé: Advantest a cédé 7 %, Lasertec 13 % et Kioxia près de 9 %. SoftBank Group, très exposé aux projets d’IA, a baissé de plus de 6 %. Les contrats à terme sur le Nasdaq 100 reculaient parallèlement de plus de 2 % pendant la séance asiatique, ce qui renforçait la prudence.
La performance régionale n’était toutefois pas uniforme. Les indices chinois Shanghai Composite et CSI 300 ont perdu environ 0,8 %, tandis que le Hang Seng de Hong Kong gagnait 1,5 %. Le marché australien progressait de 0,4 %. Cette dispersion montre que la correction vise surtout les segments dont la valorisation dépend fortement des attentes de croissance liées à l’IA.
La Banque du Japon a maintenu son taux directeur à 1,25 %, comme attendu, après le relèvement de septembre. Les investisseurs attendent désormais les commentaires du gouverneur Kazuo Ueda et les nouvelles prévisions économiques pour évaluer le calendrier d’une éventuelle nouvelle hausse. Une politique plus restrictive pourrait soutenir le yen, mais aussi accroître le coût du capital pour les entreprises japonaises et peser sur les valeurs de croissance.
Pour l’investisseur français exposé à l’Asie par des ETF ou des fonds internationaux, la séance rappelle que la diversification géographique ne supprime pas le risque sectoriel. Un ETF asiatique fortement pondéré en semi-conducteurs peut réagir comme le Nasdaq lors d’un retournement sur l’IA. La baisse ne signifie pas nécessairement que la demande structurelle disparaît, mais elle montre que les marchés exigent désormais des preuves de rentabilité. Il faudra surveiller la réaction de Wall Street, les perspectives des fabricants de puces et le ton de la Banque du Japon avant de conclure à une correction limitée ou à un changement plus durable de sentiment.


