Les rendements des JGB à 10 ans ont franchi la barre des 3% pour la première fois depuis septembre 1996, progressant de 2% pour dépasser légèrement ce seuil. Ce bond prolonge un mouvement haussier observé pendant la majeure partie du mois d’août et s’ajoute à une hausse qui a vu le taux plus que tripler depuis 2024, période durant laquelle la Banque du Japon a commencé à démanteler des années de politique monétaire ultra‑accommodante.

La flambée récente est surtout attribuée à des inquiétudes sur une inflation japonaise persistante, exacerbée par la forte hausse des coûts d’importation d’énergie liée à la guerre entre les États‑Unis et l’Iran. Les marchés anticipent désormais de nouvelles hausses de taux de la BOJ, renforcées par des signaux politiques internationaux — dont l’appel du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, en faveur d’une stricte discipline budgétaire et de taux d’intérêt plus élevés.

Le risque budgétaire domestique s’ajoute à ces pressions : la Première ministre Sanae Takaichi a présenté des mesures visant à accroître les dépenses publiques et à réduire les impôts, politiques qui pourraient peser sur la soutenabilité des finances publiques et alimenter les anticipations de hausse des rendements.

Cette dynamique au Japon s’inscrit dans une tendance générale sur les marchés développés, où l’inflation et des politiques budgétaires expansives poussent aussi les rendements à la hausse aux États‑Unis et en Europe. Face à des tensions sur les taux domestiques, le Trésor américain est intervenu récemment sur les marchés obligataires en doublant le rythme de rachats d’obligations à court terme pour tenter de contenir la hausse des rendements.