Les rendements des obligations d’État allemandes ont peu évolué en début de semaine, le Bund à 10 ans ayant atteint un plus haut sur 11 jours avant de revenir à environ 3,199%. Le Schatz à 2 ans, sensible aux anticipations de taux, s’est stabilisé près de 2,790% après un recalibrage des courbes mondiales la semaine précédente. Les mouvements ont été limités malgré des tentatives d’envolée, la résistance récente n’ayant pas été franchie.
Le soutien est venu des marchés souverains américains et asiatiques où les coûts d’emprunt se sont détendus après une série de publications macroéconomiques américaines inférieures aux attentes. Parmi ces indicateurs figurent une contraction des créations d’emplois non agricoles en juillet (avec révisions à la baisse du mois antérieur), un IPC conforme aux attentes, un IPP stable, une baisse mensuelle inattendue des ventes au détail de 0,6% en juillet et un rapport sur l’emploi jugé décevant.
Ces lectures plus faibles ont conduit les marchés monétaires à intégrer environ 70% de probabilité que la Réserve fédérale laisse ses taux inchangés en septembre, allégeant ainsi la pression sur les rendements européens de long terme. Le calendrier macroéconomique européen, particulièrement calme en début de semaine, laisse peu de catalyseurs immédiats : les intervenants attendent désormais les premières estimations des PMI d’août attendues plus tard dans la semaine.
Toutefois, une prime de risque géopolitique persistante — notamment l’impasse entre Washington et Téhéran sur l’accès au détroit d’Ormuz — maintient le Brent élevé, autour de 89$ le baril. Cette hausse des coûts de l’énergie et des matières premières freine la baisse des rendements à long terme, les investisseurs redoutant un maintien de pressions inflationnistes le long des chaînes d’approvisionnement européennes.

