Les taux d'intérêt de la dette américaine ont poursuivi leur ascension mercredi, le rendement à 10 ans ayant culminé à 4,85% en milieu de journée avant de redescendre légèrement, mais restant nettement plus élevé qu'à la veille. Le marché attendait des mesures fortes du Trésor pour calmer la pression; l'annonce de rachats à court terme n'a pas rencontré les attentes.
Le Trésor a indiqué qu'il racheterait d'ici jeudi jusqu'à six milliards de dollars d'obligations à long terme, montant triplé par rapport aux opérations habituelles, puis des opérations régulières d'au moins quatre milliards de dollars jusqu'à début novembre. Les intervenants jugent toutefois ces montants insuffisants face à l'ampleur de la dette publique et des besoins de financement.
Les commentaires d'analystes reflètent une défiance plus profonde : pour beaucoup, l'opération ressemble à un palliatif technique ne résolvant pas la vulnérabilité de l'Etat face à un déficit annuel estimé à environ 2 000 milliards de dollars et une dette publique cumulée dépassant 40 000 milliards. Les craintes d'inflation persistante et le contexte géopolitique aggravent la demande de primes de risque.
La flambée du pétrole, avec le Brent repassant au-dessus de 100 dollars, alimente les pressions inflationnistes et incite les prêteurs à réclamer des rendements plus élevés pour compenser l'érosion future du pouvoir d'achat. Cette hausse des taux souverains se propage ensuite à l'économie réelle en renchérissant les crédits aux entreprises et aux ménages. Parallèlement, la concurrence des grandes entreprises qui empruntent massivement sur le marché obligataire pèse sur l'offre et les conditions de financement.

