Lufthansa doit absorber une nouvelle hausse de sa facture de carburant sans abandonner ses objectifs annuels. La compagnie allemande a confirmé viser un EBIT 2026 compris entre 1,7 et 2,2 milliards d’euros. Après un échange avec la direction, AlphaValue estime toutefois que la progression du kérosène devrait rapprocher le résultat du bas de cette fourchette.

La facture de carburant pourrait dépasser les 1,5 milliard d’euros initialement anticipés. Pour une compagnie aérienne, cette variation agit directement sur les marges lorsque les hausses de tarifs ne compensent pas assez vite le renchérissement de l’énergie. Lufthansa dispose néanmoins d’une protection supérieure à celle de plusieurs concurrentes pour 2027 : 60 % de ses besoins seraient couverts, contre 43 % pour Air France-KLM et 15 % pour Ryanair. Cette couverture réduit la volatilité future sans supprimer la pression actuelle.

La demande transatlantique reste résistante et le fret aérien bénéficie de perspectives favorables au troisième trimestre. Ces deux éléments peuvent amortir le choc énergétique. En parallèle, les négociations syndicales sont décrites comme constructives et pourraient aboutir d’ici fin octobre, un enjeu important pour les coûts et la continuité opérationnelle.

Le groupe poursuit aussi ses projets de croissance externe. Lufthansa a amélioré son offre, entièrement en numéraire, pour TAP Air Portugal, tandis que les premiers chiffres concernant ITA Airways sont attendus. Ces opérations pourraient renforcer son réseau, mais mobilisent du capital dans un environnement où les marges sont déjà sous pression.

AlphaValue retravaille ses estimations avec les nouvelles données de marché et maintient sa recommandation de vente. Pour les investisseurs, la question centrale est la capacité de Lufthansa à protéger son résultat tout en finançant ses ambitions. La couverture 2027 constitue un avantage relatif, mais elle ne garantit pas que le consensus ait pleinement intégré la hausse du kérosène.