Rheinmetall divise les analystes à un mois de la publication de ses résultats. Le titre recule encore de 1,2 % autour de 924 euros et affiche une baisse supérieure à 40 % depuis le début de l’année. Cette correction alimente le débat entre valorisation redevenue attractive et visibilité insuffisante sur la croissance de long terme.
Berenberg adopte une position prudente. Le courtier abaisse sa recommandation d’« achat » à « conserver » et ramène son objectif de cours de 1 600 à 1 020 euros. Après avoir analysé 417 contrats et opportunités commerciales, il prévoit 37,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2030, contre un consensus de 41 milliards. Selon lui, de nouveaux contrats majeurs seront nécessaires pour soutenir la croissance après cette échéance.
La couverture du chiffre d’affaires futur apparaît inégale. Dans les divisions Véhicules et Armes & Munitions, les commandes déjà signées ne représenteraient respectivement que 45 % et 16 % des revenus prévus pour 2030. Les programmes américains XM30 et les partenariats dans les missiles offrent des relais potentiels, mais leur concrétisation reste incertaine. Berenberg réduit également de 8 % sa prévision de bénéfice par action pour 2030.
Bernstein conserve au contraire une recommandation de « surperformance » et un objectif de 1 200 euros. Le courtier table sur une croissance proche de 40 % au troisième trimestre, cohérente avec les objectifs annuels. Il estime la valorisation attractive, avec un multiple de valeur d’entreprise sur résultat opérationnel attendu en 2030 de 5,5 fois.
Même l’analyse positive comporte des réserves. Bernstein attend davantage de visibilité lors de la journée investisseurs de novembre, notamment dans les munitions. Le programme Arminius pourrait déboucher sur une première tranche de commandes en décembre, mais les étapes suivantes sont moins certaines. Tout retard ou réduction de volume renforcerait les inquiétudes.
Le dossier dépend donc moins du niveau de demande publique générale pour la défense que de la conversion précise des programmes en commandes fermes, puis en bénéfices. Le marché cherchera aussi la fin des révisions baissières d’estimations avant d’accorder une revalorisation durable.


