LVMH et Kering ont actualisé leur charte commune destinée à encadrer les conditions de travail des mannequins. Les deux groupes, qui contrôlent notamment Louis Vuitton, Dior, Gucci, Saint Laurent et Balenciaga, veulent instaurer un environnement plus sûr lors des défilés et des séances photo.

La principale évolution concerne l’âge. Les marques s’engagent à ne plus employer de mannequins de moins de 18 ans pour incarner des adultes. La charte précédente, publiée en 2017, fixait le seuil à 16 ans. Kering appliquait déjà une limite de 18 ans depuis 2019 ; la nouvelle version étend donc cette règle commune à LVMH.

Les engagements portant sur la santé physique sont reconduits. Les tailles inférieures au 34 français pour les femmes et au 44 pour les hommes restent exclues, afin de lutter contre l’extrême maigreur. Le texte ajoute ou précise également des mesures contre le harcèlement, les abus et les violences physiques, morales, verbales ou psychologiques.

Cette initiative conjointe est notable car LVMH et Kering sont concurrents directs. En harmonisant leurs pratiques, ils peuvent exercer une influence sur les agences, les organisateurs et l’ensemble de la chaîne de production des campagnes de mode. L’annonce intervient à la suite de la Fashion Week féminine printemps-été à Paris.

Pour l’investisseur, l’impact financier immédiat paraît limité : aucun coût, objectif commercial ou changement de prévision n’est associé à la charte. L’enjeu se situe surtout dans la gestion du risque réputationnel et social. Dans le luxe, la valeur des marques repose largement sur leur image et leur capacité à anticiper les attentes réglementaires et sociétales. L’efficacité dépendra désormais des contrôles appliqués chez les prestataires et de la transparence sur les éventuels manquements.