Meta prépare la plus importante levée de fonds en actions de son histoire afin de financer l’expansion de ses infrastructures d’intelligence artificielle. Le montant potentiel atteint 97,5 milliards de dollars en combinant environ 37,5 milliards d’émissions actuelles et un programme distinct de ventes d’actions pouvant aller jusqu’à 60 milliards.

Le groupe a porté son offre d’actions ordinaires à 25 milliards de dollars, contre 22,5 milliards initialement annoncés, au prix de 625 dollars par titre. Il a également fixé à 50 dollars le prix de 250 millions d’actions de dépôt liées à des titres privilégiés convertibles. Après le début de cotation des nouvelles actions de classe C sans droit de vote, prévu au premier trimestre 2027, Meta pourrait vendre progressivement jusqu’à 60 milliards de dollars supplémentaires aux cours du marché. Le calendrier et les conditions ne sont pas encore finalisés.

L’opération attire directement les fournisseurs de puces. Nvidia, AMD et Broadcom ont manifesté un intérêt pouvant atteindre 5 milliards de dollars pour les actions de classe A. Nvidia a précisé vouloir investir 3 milliards. Cette participation renforce les liens entre Meta et ses fournisseurs, mais nourrit aussi les interrogations sur la circularité des capitaux dans l’écosystème de l’IA : les fabricants financent l’un de leurs principaux clients, qui utilise ensuite ces fonds pour acheter davantage de capacités de calcul.

La levée répond à un changement profond du profil financier de Meta. Le groupe prévoit entre 135 et 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement annuelles et s’est engagé sur environ 825 milliards de dollars de dépenses futures, principalement pour les centres de données, le cloud et la puissance de calcul. Au troisième trimestre, le flux de trésorerie disponible a été négatif de 2,12 milliards, contre un excédent de 10,63 milliards un an auparavant.

Au 30 septembre, Meta disposait de 82,45 milliards de dollars de trésorerie, équivalents et titres négociables, face à 80,92 milliards de dette à long terme. Le recours massif aux actions permet de préserver une partie de la capacité d’endettement, mais transfère le coût vers les actionnaires par la dilution. Le titre a reculé d’environ 1,4 % en début de séance.

Pour l’investisseur français exposé à Meta ou aux grands indices américains, le dossier repose désormais sur une équation exigeante. Les nouveaux modèles et l’agent Muse doivent générer suffisamment de revenus pour compenser l’explosion des besoins de financement. Les bénéfices potentiels sont considérables si Meta bâtit une activité d’IA rentable, mais le chemin peut être long et irrégulier. Il faudra surveiller le rythme réel des ventes d’actions, la trajectoire du flux de trésorerie et la rentabilité des investissements avant de considérer ce financement comme uniquement positif.