La guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines contre l'Iran, puis la riposte iranienne visant des alliés de Washington, a fait 41 morts dans le Golfe et entraîné le lancement de quelque 3 000 drones et missiles selon les autorités citées. Malgré ces frappes et des attaques contre des infrastructures — aéroport du Koweït, usines de dessalement et centrales électriques — la majorité des travailleurs étrangers ont préféré rester dans la région plutôt que de retourner vers des perspectives économiques plus faibles chez eux.
Les Etats du Golfe hébergent environ 35 millions de travailleurs étrangers, principalement originaires des pays du Sud, qui constituent l'essentiel de la population et bénéficient de salaires non imposés. Les attaques ont toutefois provoqué des mouvements de population temporaires : plus de 60 000 personnes ont quitté Dubaï pendant les attaques intenses de mars, mais la population de l'émirat a atteint 4,73 millions en juillet, dépassant le niveau d'avant-guerre, selon les données officielles.
Au quotidien, ces travailleurs affrontent des choix difficiles. Certains rentrent brièvement, abandonnent des vacances par peur d'être bloqués à l'étranger, ou rapatrient leurs proches pour leur sécurité, comme le couple égyptien qui a fui puis est revenu au Koweït après douze ans d'installation. D'autres, confrontés à des réductions d'emploi et de salaire dans les services et le tourisme à Dubaï, estiment malgré tout que rester offre de meilleures opportunités qu'un retour en Syrie, aux Philippines ou dans d'autres pays à faibles revenus.
Les remises versées aux familles restent un facteur déterminant : plusieurs travailleurs déclarent envoyer chaque mois de l'argent à leurs proches qui en dépendent, ce qui pèse dans la décision de rester. Les récits personnels — serveur indien revenant à Bahreïn, salariée syrienne préférant Dubaï à la Syrie ravagée par 13 ans de guerre civile, employée philippine gagnant jusqu'à dix fois plus — illustrent la tension entre sécurité, emploi et nécessité économique.

