L’échange s’est cristallisé autour d’une phrase prononcée par Louis Aliot sur BFMTV, où le maire RN de Perpignan a évoqué la nécessité de «couper le robinet» des aides à Kiev en interrogeant la priorité des dépenses publiques. Edouard Philippe a aussitôt utilisé ces propos pour affirmer que priver l’Ukraine d’appui reviendrait à «servir la Russie» et constituerait une menace pour la sécurité de l’Europe et de la France, mettant ce point au cœur de sa ligne de campagne.
Marine Le Pen a riposté sur X en qualifiant le bilan international de Philippe de «piteux» et en l’accusant de colporter des calomnies. Pour contrer l’accusation d’un tropisme pro-russe dirigée contre le RN, elle rappelle des faits de son adversaire: la présidence de la République avait reçu Vladimir Poutine «en grande pompe» au château de Versailles et au fort de Brégançon durant le précédent quinquennat, et Edouard Philippe a, selon elle, accueilli Dmitri Medvedev au Havre en juin 2019.
La candidate du Rassemblement national rappelle en outre qu’elle avait été reçue au Kremlin en 2017 et défend depuis le début du conflit l’idée d’une «grande conférence pour la paix» visant un règlement diplomatique. Elle reproche à Philippe de n’avoir ni défendu ni obtenu de solution diplomatique durable. Le débat met en lumière deux approches concurrentes: la défense d’un maintien ou d’une réduction des soutiens à l’Ukraine et l’instrumentalisation de la question pour différencier des stratégies de sécurité et d’indépendance nationale.

