Face à des lacunes récurrentes sur des notions financières de base — intérêts composés, inflation, gestion des risques — le cahier de vacances adopte un nouveau positionnement: rendre accessible, par le jeu, des sujets comme le fonctionnement d'un PEA, l'impact de l'inflation sur l'épargne ou les notions simples liées à l'investissement en Bourse. Le format conserve ses codes (pages ludiques, quiz) mais vise désormais un public adulte cherchant à combler des savoirs pratiques.
Le mouvement ne relève pas d'un simple effet de mode: selon Fnac Darty, les éditions pour adultes pèsent entre 10 et 20 % des ventes de cahiers de vacances, et Amazon indique qu'elles représentent environ 13 % de ses ventes de cahiers, avec une croissance de près de 9 % sur un an. Le marché global reste conséquent: GfK rapporte 4,2 millions d'exemplaires vendus l'an passé pour un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros, confirmant la popularité durable du produit.
La montée de l'offre s'inscrit aussi dans des récits concrets et quotidiens: l'article cite des exemples familiaux — un restaurateur confondant chiffre d'affaires et bénéfice, une retraitée mal informée sur ses cotisations, un jeune surestimant le coût d'un emprunt immobilier — qui illustrent les besoins pratiques auxquels ces cahiers cherchent à répondre. Des initiatives pédagogiques locales émergent également, comme des enseignants reconvertis ou des parents créant leurs propres outils.
Si le format plaît, il suscite aussi des débats sur son utilité pédagogique: certains y voient un outil utile d'auto-formation, d'autres un simple gadget ou un alibi pour la culpabilité parentale. Quoi qu'il en soit, les chiffres de vente et la hausse des versions adultes témoignent d'un ancrage croissant du produit dans les habitudes estivales des Français.


