Pernod Ricard traverse une période difficile : l’action a perdu 71% depuis le record de 218 euros d’avril 2023 et presque la moitié de sa valeur en un an. Les résultats annuels 2025-2026 publiés le 27 août ont été mal accueillis : chiffre d’affaires à 9,4 milliards d’euros (-14,2% en nominal, -3,9% à périmètre et taux de change constants) et Résultat Opérationnel Courant à 2,4 milliards d’euros (-17,9% nominal, -5,2% à périmètre et taux de change constants). La marge opérationnelle glisse à 25,8% et le résultat net part du groupe recule de 26% à 1,2 milliard d’euros.
Le marché a sanctionné ces chiffres par une baisse de plus de 8,3% sur la journée, rapprochant le titre de niveaux inédits depuis quinze ans et d’une estimation de valeur nette d’actif proche de 62 euros. Malgré ce contexte, le cash-flow libre progresse de 6% et le conseil maintient le dividende à 4,70 euros par action, soit un rendement d’environ 7% au cours actuel. Alexandre Ricard a explicitement indiqué que les États-Unis, premier marché du groupe, offriront « peu de potentiel » sur les trois prochaines années, et la trajectoire de croissance à moyen terme a été révisée vers le bas de l’objectif 3-6% pour 2029.
Sur le plan opérationnel, la direction met l’accent sur la discipline : cessions d’actifs (Imperial Blue en Inde cédé pour près de 0,5 milliard de dollars ; Mumm Napa, Mumm Sparkling California et DVX vendus à Trinchero) et gains d’efficacité destinés à désendetter le groupe et recentrer le capital sur les marques premium (cognac, whisky indien, tequila). Le Loup de Zurich souligne aussi l’impact des effets de change (dollar, roupie indienne, peso argentin), des droits de douane et de la hausse des coûts d’intrants. Une amélioration macro : Washington a levé la surtaxe de 10% sur le whisky écossais, et Pernod Ricard pousse pour un traitement similaire pour le whisky irlandais.
L’analyse technique relève des supports de long terme et un graphique qualifié de « vertigineux » à la baisse ; le commentateur se déclare acheteur en vue d’un rebond, en recommandant une stratégie disciplinée (achats de calls ou d’actions avec stops). La question reste ouverte : le point bas est-il atteint ou le marché continue-t-il de douter de la pérennité du dividende et de la capacité du groupe à retrouver une croissance rentable ?


