L’Arabie saoudite fait face à un resserrement simultané de ses principales routes d’exportation de pétrole. Les autorités ont annoncé vendredi la fermeture temporaire de la Petroline après des attaques lancées depuis l’Irak. Cet oléoduc Est-Ouest, long d’environ 1 200 kilomètres, relie les champs de l’est du royaume au terminal de Yanbu sur la mer Rouge.

La Petroline avait pris une importance centrale depuis le verrouillage de fait du détroit d’Ormuz, passage qui concentrait environ un cinquième des flux mondiaux d’hydrocarbures. Sur les quelque 7,3 millions de barils de brut exportés chaque jour par l’Arabie saoudite avant la guerre, près de 4 millions avaient été réorientés vers Yanbu, selon Kpler. Avant le blocus imposé par les Houthis, environ 3,2 millions de barils par jour poursuivaient leur route par Bab el-Mandeb. Ces flux étaient proches de zéro en août.

Une solution consiste à acheminer le brut vers le nord par le canal de Suez et l’oléoduc égyptien SUMED. Les transits saoudiens par Suez approchaient 500 000 barils par jour fin juillet, contre presque aucun en juin. Kpler estime que les deux infrastructures pourraient théoriquement absorber jusqu’à 3,4 millions de barils par jour, mais cette capacité n’a jamais été testée à cette échelle. Pour les clients asiatiques, cette route impose en outre un détour par la Méditerranée puis autour de l’Afrique.

La tension est déjà visible dans les prix. Après l’annonce concernant la Petroline, le Brent a approché 110 dollars le baril et le diesel américain a atteint mardi environ 6,27 dollars le gallon à la pompe. L’Arabie saoudite a également indiqué que sa production d’août était tombée à son plus bas niveau depuis 1990. La durée de la fermeture, la sécurité des stations de pompage et la capacité réelle des itinéraires alternatifs détermineront désormais l’ampleur du choc.