Thomas Pesquet a ouvertement reconnu que le secteur spatial est affecté par des tensions géopolitiques, lors d'une intervention sur TF1 en amont du sommet spatial organisé à Paris les 9 et 10 septembre. Il a mis en lumière la nécessité de coopération internationale dans un domaine où «on est obligé de tous travailler ensemble», mais où les frictions politiques se répercutent sur les échanges et la participation.
Plusieurs acteurs américains majeurs, dont SpaceX et Blue Origin, ainsi que les startups Stoke Space et Starcloud, ont annulé leur venue la semaine dernière. L'AFP a indiqué que ces retraits interviennent sur fond de rumeurs de pressions de la Maison Blanche, et Pesquet a aussi évoqué les procédures juridiques visant Elon Musk liées à Twitter/X comme un élément pouvant peser sur la décision de SpaceX.
L'Allemagne, co-organisatrice du sommet avec la France, voit aussi l'absence de son chancelier Merz, officiellement pour raisons d'agenda — entre un discours au Bundestag, une rencontre avec le président du Conseil européen Antonio Costa et un entretien avec le président des Émirats Mohamed bin Zayed Al-Nahyan. Le sommet, qui devait se tenir «dans une atmosphère plus flamboyante» sous la verrière du Grand Palais, se déroulera finalement dans un contexte international plus mesuré.
Malgré ces absences et l'exclusion des invitations à la Russie, l'Iran et la Corée du Nord, l'événement rassemble 120 pays et devrait voir la signature de contrats. Les débats entre ministres de l'espace porteront notamment sur la place de l'Europe dans un secteur dominé par les États-Unis et la Chine, question centrale pour les stratégies industrielles et de souveraineté spatiale en Europe.


