Des représentants envoyés par le président américain se sont succédé à Moscou puis à Kiev pour tenter de relancer des discussions de paix. À l'issue de leurs premiers entretiens à Kiev avec Volodymyr Zelensky, Steve Witkoff et Jared Kushner ont jugé les échanges « significatifs », tandis que le président ukrainien a prévenu que la guerre devrait se prolonger durant l'hiver en l'absence d'une négociation directe avec Vladimir Poutine.

Les pourparlers ont réuni, au-delà des deux émissaires américains, une délégation ukrainienne et des conseillers européens — notamment l'Allemand Günter Sautter, le Britannique Jonathan Powell et le Français Emmanuel Bonne. Witkoff a souligné la nécessité de compromis des deux côtés pour espérer une issue, mais Zelensky a rappelé que les questions territoriales, au cœur du conflit, ne peuvent être tranchées qu'au niveau des chefs d'État, une rencontre que Poutine refuse pour l'instant.

Dans ce contexte, une trêve limitée a été décrétée : Poutine a annoncé une cessation des frappes sur Kiev pendant trois jours, et Zelensky a annoncé un arrêt réciproque des attaques visant Moscou pour la même période. Cette suspension ponctuelle n'a pas mis fin aux hostilités ailleurs : les forces ukrainiennes ont signalé une attaque nocturne de 108 drones et missiles russes, dont la plupart auraient été abattus mais ayant néanmoins touché 11 sites, et la Russie a déclaré avoir neutralisé 258 drones ukrainiens, avec un incendie signalé dans la région de Riazan.

La visite à Kiev de Witkoff et Kushner, la première depuis le début de leur médiation, intervient après plusieurs cycles de discussions initiés depuis le retour de Trump à la Maison-Blanche en 2025, qui n'ont jusqu'à présent produit aucune avancée tangible. Le blocage majeur demeure la demande russe d'un retrait total des forces ukrainiennes de la région de Donetsk, refusée catégoriquement par Kiev. Sur le terrain et dans l'opinion publique locale, la défiance reste élevée, certains citadins souhaitant la préservation des territoires tandis que d'autres se montrent sceptiques quant à l'efficacité des nouvelles négociations.