Les rendements des obligations d’État ont récemment bondi : le bon du Trésor américain à 10 ans a brièvement atteint environ 4,81% et celui à 2 ans 4,42% après un rapport sur l’emploi d’août supérieur aux attentes. Ce repli obligataire a renforcé les anticipations d’une possible hausse des taux de la Fed lors de sa réunion des 15-16 septembre. BCA Research souligne que ce n’est pas tant le niveau absolu des rendements qui importe pour les actions, mais la raison et la rapidité de leur hausse.
Deux canaux expliquent l’impact des taux sur les actions. D’abord, les rendements souverains servent de référence pour le rendement exigé sur les actifs risqués : des taux plus élevés augmentent le taux d’actualisation des bénéfices futurs, pénalisant particulièrement les valeurs de croissance. Ensuite, des taux de référence en hausse renchérissent les prêts immobiliers, les obligations d’entreprises et le refinancement, affectant la consommation et l’investissement. Les entreprises fortement endettées ou dépendant d’un refinancement régulier sont donc vulnérables.
BCA rappelle toutefois que les actions ont bien performé dans divers environnements de taux. Si la hausse des rendements reflète une croissance plus forte, elle peut coïncider avec des gains d’actions. En revanche, si l’augmentation est liée à l’inflation — et à un resserrement monétaire anticipé — la relation tend à être négative. La volatilité implicite des taux est ainsi un indicateur de risque plus pertinent que le niveau absolu des rendements.
Les récents éléments de contexte complexifient l’analyse : créations nettes d’emplois de 162.000 en août et un taux de chômage stable à 4,1%, une remontée des prix du pétrole liée aux tensions entre États-Unis et Iran, et un endettement public massif aux États-Unis. BCA maintient une surpondération tactique actions/obligations mais souligne que la combinaison la plus dangereuse serait hausse des rendements + inflation persistante + affaiblissement de la croissance. Les investisseurs doivent donc surveiller la vitesse de la hausse des rendements, sa cause et l’évolution des anticipations de bénéfices.

