Les électeurs russes sont appelés à renouveler les 450 sièges de la Douma du 18 au 20 septembre. Il s’agit des premières élections législatives depuis le début de l’offensive en Ukraine en février 2022. Russie unie, le parti soutenant Vladimir Poutine, dispose d’une large majorité depuis le scrutin de 2021 et reste le favori.

Le vote doit également être organisé dans les territoires de l’est de l’Ukraine occupés et revendiqués par Moscou. Les formations autorisées à concourir soutiennent à des degrés divers le pouvoir et la poursuite du conflit. Iabloko, seule organisation présentée comme frontalement opposée à la guerre, avait d’abord été admise avant d’être écartée par la justice.

Dans ce contexte, l’incertitude porte moins sur le vainqueur que sur le taux de participation et l’ampleur du soutien affiché. L’opposition en exil appelle les Russes opposés à la guerre à voter contre Russie unie le 20 septembre à midi. Le scrutin intervient alors que les frappes ukrainiennes à longue portée touchent des infrastructures énergétiques et des entreprises privées, avec des pertes humaines, des pénuries de carburant et des dégâts matériels.

La crainte d’une nouvelle mobilisation militaire constitue un autre sujet sensible. Une mobilisation partielle de 300 000 réservistes avait été décrétée en septembre 2022. Les autorités russes ont rejeté l’hypothèse d’une nouvelle vague après les élections, tandis que des analystes estiment qu’elle est peu probable à court terme. Le résultat officiel sera néanmoins utilisé par le pouvoir comme un indicateur de légitimité politique. Pour les marchés, les conséquences dépendront surtout de toute évolution de la guerre, des sanctions, de la mobilisation et des exportations énergétiques, davantage que de la composition attendue de la Douma.