La Cour suprême de Russie a rendu une décision interdisant à Iabloko de participer aux élections législatives à la part proportionnelle, une mesure annoncée lundi et immédiatement dénoncée par des sympathisants rassemblés devant le bâtiment judiciaire. Le parti, présenté par la source comme le seul mouvement antiguerre actif sur le territoire russe, voit sa capacité à concourir au niveau national limitée, tandis que l’impact précis sur la participation dans les circonscriptions uninominales reste flou.

Nikolaï Rybakov, le dirigeant d’Iabloko, a dit vouloir faire appel et a affirmé que le parti « ne suspend en aucun cas la campagne électorale ». Il a précisé que, malgré l’interdiction, 130 de ses membres restent inscrits en tant que candidats dans des circonscriptions locales. Iabloko est sous surveillance accrue et environ 40 de ses militants font actuellement l’objet de poursuites judiciaires, selon l’article.

Le contexte de l’affaire s’inscrit dans une répression intérieure renforcée depuis le déclenchement de l’offensive contre l’Ukraine en 2022 : des milliers de personnes ont été emprisonnées ou condamnées pour avoir dénoncé le conflit, et les principales figures de l’opposition sont emprisonnées, exilées ou décédées. Cette décision judiciaire a cependant suscité une mobilisation visible, notamment chez des jeunes comme Karina, 18 ans, qui a dit avoir été surprise par l’ampleur du rassemblement et voir dans l’interdiction « la goutte d’eau » qui pousse certains à agir.

Le parti, fondé en 1993 et sans siège à la Douma depuis 2003, n’obtenait selon un sondage publié plus tôt cette année que 3% des intentions de vote, en deçà du seuil de 5% requis pour entrer à la chambre basse. La responsable des réseaux sociaux du parti, Marizhat Ramazanova, 28 ans, souligne un pic d’intérêt en ligne: les recherches sur Iabloko ont augmenté de 90% en quelques semaines, ce qui, selon elle, offre au parti une « bouffée d’air frais ». Rybakov juge cette mobilisation « une étape importante » pour le parti et pour la demande de « paix, liberté et changement pacifique" en Russie.