Le tribunal de Pskov a condamné lundi Lev Chlosberg, 63 ans, ancien député et vice‑président d’Iabloko, à 11 ans et un mois de prison pour avoir critiqué l’offensive russe en Ukraine lancée en février 2022. Le motif retenu est la diffusion de «fausses informations» et des «actions publiques» visant à discréditer l’armée russe ; les faits évoqués dans le jugement incluent le partage d’un article sur Telegram en février 2022 et un appel au cessez‑le‑feu formulé lors d’un débat.
Présent à l’audience en jean et chemise blanche, M. Chlosberg a écouté la sentence en tenant la main de son épouse et un paquet de lettres de sympathisants. Selon une journaliste de l’AFP, il a lancé à la juge «Je vous plains, votre Honneur ! Vous devrez vivre avec cela !». Des personnes dans la salle ont crié «honte» après l’annonce du verdict.
Iabloko, le seul parti enregistré en Russie qui s’oppose ouvertement au conflit, a déjà été interdit de participation aux élections législatives de septembre par la Cour suprême, décision confirmée en appel le même jour dans une procédure distincte à Moscou. Le parti a qualifié la condamnation de M. Chlosberg de «tragédie de la désintégration de la justice russe contemporaine». Des dizaines de personnes ont été interpellées lors d’un rassemblement de soutien devant la Cour suprême.
La condamnation s’inscrit dans un contexte plus large de répression : la plupart des opposants à Vladimir Poutine sont emprisonnés, en exil ou morts, et d’autres cadres d’Iabloko ont déjà été condamnés, notamment Maxime Krouglov à sept ans de prison en juin pour des faits similaires. Amnesty International a dénoncé des «représailles flagrantes» contre l’un des rares dirigeants de l’opposition à être resté en Russie après 2022.


