Mercredi après-midi, le rendement de l'obligation américaine à dix ans a atteint 4,85%, un sommet inégalé depuis près de trois ans. Le mouvement est survenu malgré l'annonce d'une opération exceptionnelle du Trésor visant à racheter jusqu'à six milliards de dollars de titres à long terme d'ici jeudi, soit un montant triplé par rapport aux interventions habituelles.
L'opération du ministère des Finances n'a pas calmé les marchés : au contraire, l'ensemble de la courbe des taux reflétait une poussée généralisée. Le Trésor avait déjà indiqué le 19 août son intention d'intervenir plus vigoureusement pour tenter de détendre les conditions sur le marché de la dette publique, mais l'effet escompté ne s'est pas matérialisé.
Les investisseurs justifient leur exigence de rendements plus élevés par la flambée des prix de l'énergie liée aux tensions au Moyen-Orient ; le baril de Brent a repassé mercredi la barre des 100 dollars, renforçant les anticipations d'inflation. Dans ce contexte, un rendement nominal plus élevé est perçu comme nécessaire pour compenser la dépréciation future du pouvoir d'achat du capital prêté.
Par ailleurs, la taille du stock de dette fédérale pèse sur la confiance : le niveau d'endettement de l'État fédéral dépasse 40.000 milliards de dollars selon les données évoquées, un facteur supplémentaire qui incite les marchés à réclamer une prime de risque accrue face à des perspectives de politique monétaire et budgétaire incertaines.


