La séance de lundi a été défavorable aux détenteurs d'emprunts en euros : l'absence d'investisseurs américains pour le Labour Day n'a pas empêché une nette détérioration des marchés obligataires européens. Le PIB du deuxième trimestre de la zone euro a été révisé à +0,6% (contre +0,4% auparavant), mais cette révision n'a pas suffi à contrer la hausse des rendements.

La flambée des cours du pétrole a été le moteur principal de la tension : le WTI a repassé 93 USD et le Brent a atteint plus de 97,5 USD à Londres, la barre des 100 USD se rapprochant, après une série d'incidents navals et de ripostes militaires. Cette hausse des prix de l'énergie alimente le risque de pressions inflationnistes plus durables et pèse sur les prix des obligations.

Concrètement, le rendement du Bund est monté à 3,388% (+5 points de base), l'OAT française a franchi 4,25% (+5,8 pb) et le BTP italien s'est tendu vers 4,215% (+6,5 pb). Les Gilts britanniques ont aussi progressé à 4,18% (+4,6 pb). Ces niveaux renvoient les rendements à des niveaux proches de ceux d'il y a presque vingt ans.

Malgré ces tensions sur les taux, les actions continuent d'ignorer partiellement le mouvement, portées par la dynamique du secteur de l'intelligence artificielle et des grandes capitalisations, même si le coût de l'assurance crédit (CDS) augmente significativement sur plusieurs géants technologiques. L'attention se tourne maintenant vers la série de données à venir (balances commerciales Allemagne/France, inflation allemande) et surtout la décision de la BCE jeudi, où une hausse de 25 pb est largement anticipée.