Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l’Union européenne se retrouvent mardi et mercredi à Wicklow, près de Dublin, dans un contexte marqué par une intensification des frappes russes en Ukraine et par des opérations « hybrides » visant des pays européens. Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’UE, a dénoncé une volonté russe de « briser » le peuple ukrainien après de nouvelles frappes nocturnes ayant fait au moins 12 morts à Kiev et dans sa région.

À court terme, l’un des sujets centraux est le déficit ukrainien en intercepteurs capables de neutraliser les missiles balistiques russes. Le texte cite explicitement les Patriot de fabrication américaine comme équipements manquants et mentionne que certains pays possèdent des intercepteurs proches de la fin de leur période d’usage — la position que Kaja Kallas a invitée à envisager des transferts vers Kiev. Les ministres de la Défense doivent donc inventorier les capacités disponibles et convaincre les États détenteurs de fournir un effort supplémentaire.

Parallèlement, les ministres discutent d’une première liste d’environ 1.600 individus et entités russes, qui fera l’objet d’une première discussion mercredi entre chefs de la diplomatie. Le sommet intervient aussi après une série d’incidents sur le sol européen attribués à la Russie : Friedrich Merz a déclaré que l’Allemagne « est davantage entrée dans le viseur d’attaques hybrides », citant tentatives de sabotage, désinformation et espionnage, ainsi que la découverte début août d’un drone explosif près d’un hub de fret à l’aéroport de Leipzig, point de transit pour l’aide militaire à l’Ukraine.

Enfin, la réunion aborde la nécessité de réformer le service diplomatique de l’UE, jugé insuffisamment efficace par des pays comme la France et l’Allemagne. Parmi les participants figurent le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband et son homologue ukrainien Andriï Sybiga, présents à l’invitation des États membres pour coordonner réponses diplomatiques et mesures de sécurité.