La puissante vague d’attaques nocturnes rapportée jeudi a duré près de neuf heures, selon le Premier ministre Serguiï Koretsky, et a impliqué « des dizaines » de missiles et de drones. Le bilan officiel communiqué par Kiev fait état d’au moins 12 morts à Kiev et d’une victime supplémentaire dans sa région. Des immeubles résidentiels ont été touchés, tout comme un hôpital pour enfants et une école, et le corps d’une victime a été transporté au petit matin sous les fenêtres éventrées d’un immeuble.
Volodymyr Zelensky a accusé Moscou d’avoir « préparé » l’attaque et d’avoir combiné différents types d’armes pour maximiser les dégâts aux infrastructures civiles. Il a dénoncé le choix de l’escalade et regretté le manque de réaction internationale face à des tirs balistiques, rappelant la dépendance de l’Ukraine aux livraisons occidentales pour contrer ces menaces. L’Ukraine demande depuis des semaines aux États-Unis des systèmes antiaériens capables d’intercepter des missiles balistiques, citant notamment les Patriot américains.
Côté russe, le ministère de la Défense a revendiqué des frappes contre des entreprises de l’industrie militaire, un centre de transport et des entrepôts à Kiev et dans sa région. La Russie affirme aussi avoir intercepté et détruit 726 drones ukrainiens dans la nuit. Kiev poursuit, pour sa part, des raids en profondeur visant parfois des sites logistiques et pétroliers en Russie et en Crimée.
Les frappes touchent aussi d’autres régions: des infrastructures civiles ont été endommagées à Odessa et dans la région de Tcherniguiv, et dans le district de Boryspil des entrepôts alimentaires et des bâtiments de la Croix-Rouge ont été atteints. L’AFP rappelle que Moscou a tiré un nombre record de missiles en juillet — 376 au total, soit plus du double de juin — signe d’une hausse marquée des tirs ces derniers mois.
Sur le plan diplomatique, les efforts sous médiation américaine restent au point mort, et les échanges se limitent parfois à des convois de prisonniers ou de dépouilles. Par ailleurs, des avions de chasse espagnols et un hélicoptère roumain ont été mobilisés pour surveiller des trajectoires près de la frontière roumano-ukrainienne après un drone qui a fini par s’écraser en Roumanie.


