Un rassemblement quotidien se tient devant l’ambassade de Russie à Ottawa, principalement à l’heure du midi en semaine, afin de croiser le personnel lors de ses sorties. Initié peu après l’invasion russe de février 2022, le groupe est composé de retraités, d’étudiantes et d’autres citoyens qui veulent manifester leur indignation et offrir un soutien visible à l’Ukraine.
Les actions combinent satire et symboles compréhensibles des seuls observateurs du conflit : parapluies bleu et jaune, pancartes spécifiques, et des flamants roses en plastique en référence aux «roquettes Flamingo». Les manifestants insistent sur le fait qu’ils ne glorifient pas la guerre mais cherchent à mettre mal à l’aise le personnel de l’ambassade et à maintenir la question ukrainienne dans le débat public.
Les interactions avec l’ambassade sont limitées et parfois tendues. Le personnel diplomatique évite généralement les échanges, mais des incidents ont été signalés — depuis des provocations verbales jusqu’à des actes matériels comme crever des ballons. Un témoin a aussi identifié via des documents en ligne un homme présent près de l’ambassade qui pourrait être lié aux services de renseignement russes, selon les manifestants.
Le groupe s’efforce de rester dans des limites légales et coopère avec un officier de liaison de la police d’Ottawa pour éviter d’entraver l’accès à la mission. Le passé montre cependant que des débordements sont possibles : peinture lancée sur l’ambassade, téléphone jeté par-dessus la clôture et une suspicion de cocktail Molotov en 2022 ayant déjà provoqué une sommation diplomatique entre Moscou et Ottawa.
Le contexte légal international est rappelé : la Convention de Vienne impose à l’État hôte des obligations de protection des locaux diplomatiques, tandis que les tribunaux nationaux cherchent à concilier ces protections avec le droit de manifester. L’ambassade de Russie n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur la conformité du Canada à cette convention.

